mercredi, février 22, 2012

Demoiselle d'honneur


Ellen DeGeneres


J'ai particulièrement hâte à la cérémonie de remise des Oscars cette année. Comme il se doit, je porterai une attention particulière aux tendances sur le tapis rouge, et j'espère bien y voir quelques robes de couleur céleri. Mais la raison de ma fébrilité tient essentiellement au film Bridesmaids (Mes meilleures amies), en nomination dans deux catégories.

J'ai compris que cette comédie aurait du succès dès le moment où je l'ai vue. On peut s'identifier très facilement à ses protagonistes -- que l'on soit homme ou femme, jeune ou vieux, démocrate ou républicain. On s'est tous déjà fait renvoyer de l'école ou d'un avion pour cause de mauvais comportement, si vous voyez ce que je veux dire.

Certains observateurs affirmaient qu'une comédie dont les rôles principaux sont tous féminins ne parviendrait pas à se démarquer. Ils avaient tort, car Bridesmaids vient juste de battre le record du film à la carte le plus téléchargé de tous les temps. La demande n'est plus tributaire du nombre de cassettes disponibles au club vidéo, et reflète désormais l'engouement réel du public. Mon petit doigt me l'avait dit !

Ce dimanche, Kristen Wiig et Annie Mumolo convoiteront le prix du meilleur scénario original, tandis que Melissa McCarthy courra la chance d'être reconnue meilleure actrice dans un second rôle. Ces deux nominations sont un exploit, car l'Académie fait peu de place aux comédies en temps normal.

D'ailleurs, la raison pour laquelle les comédies sont ainsi ignorées m'échappe complètement. Il y a un tas d'acteurs qui ont livré des performances remarquables, mais n'ont jamais été mis en nomination. Je pense immédiatement à Steve Martin, Steve Carell et Steve Guttenberg. Ceux qui ne portent pas le prénom Steve ne me viennent pas à l'esprit en ce moment, mais ils sont nombreux, croyez-moi.

Bref, je lève mon chapeau à Bridesmaids, et lui souhaite la meilleure des chances à l'occasion de cette 84e cérémonie des Oscars !

Ellen DeGeneres

Source: Le Huffington Post - 22 février 2012

dimanche, février 12, 2012

Cinéma: «En secret», mœurs attaquent

Coups . Une love story lesbienne à Téhéran face au puritanisme islamiste

C’est une famille où l’on chante. Puis où l’on chante de moins en moins, au fur et à mesure que le bonheur s’étiole. C’est à Téhéran, il y a la jeune et belle Atefeh, son frère Mehran, leur mère émancipée, leur père prof de musique et la jeune et très belle Shirin, amie d’Atefeh, qu’on découvre bientôt être aussi son amoureuse.

Deux filles, l’une en rouge, l’autre en bleu : comme il y a deux pays à la racine du film. La réalisatrice, Maryam Keshavarz, est en effet une Iranienne qui vit aux Etats-Unis. Les acteurs ont de même rarement mis les pieds dans leur pays natal et En secret a été tourné au Liban. Récit vu d’exil. Shirin est la plus sage, Atefeh la plus folle, comme une seule personnalité qui serait tiraillée entre deux désirs, la liberté et l’appartenance, ou la voix et le corps. 

La répression politique, la censure ne sont du coup pas l’obsession ici : on pousse une porte et on se retrouve indifféremment dans une chambre amoureuse, un commissariat banal ou une fête qui finit sous les coups de la police des mœurs.

Somme toute, la famille s’accommoderait bien de l’ordinaire politique si celui-ci ne venait la torpiller en son cœur à travers la figure de Mehran, le frère toxico qui délaisse peu à peu l’opium au profit de la religion du peuple, et devient flic voyeur à la solde du pouvoir, poison lent au sein de l’harmonie. 

La contrainte étant ainsi intériorisée, toute l’action d’En secret ne consiste qu’en un dérèglement de son rythme, depuis le vif jusqu’à l’amorphe, comme un corps qu’on bastonne jusqu’à ce qu’il ne bouge plus. Sous les coups, demeurent seuls la force des regards, l’appel qu’ils maintiennent par-delà l’absurde, comme une dénonciation muette. 

__________________________________________________________________

En secret de Maryam Keshavarz avec Nikohl Boosheri, Sarah Kazemy… 1 h 45
___________________________________________________________________

Source: Libération

lundi, février 06, 2012

Un violoncelle de 6 millions, un artiste, une mécène

Devant les employés du Devoir émerveillés Stéphane Tétreault s'est installé sur une chaise droite, jouant trois pièces avec le fameux Stradivarius, deux de Bach et une de Massenet.


Hier soir, à Tout Le Monde En Parle, nous avons eu la chance et le très grand plaisir de voir et surtout d'entendre se raconter et de jouer, le jeune virtuose, Stéphane Tétrault. 

***

Le Québécois Stéphane Tétreault, 18 ans, élève de Yuli Turovsky et grand protégé de Jacqueline Desmarais, épouse de Paul Desmarais père, de Power Corporation, jouera désormais avec un violoncelle de plus de six millions de dollars. Le violoncelle «Comtesse de Stanlein, ex-Paganini», fabriqué par Antonio Stradivarius en 1707, tombe entre les mains du jeune violoncelliste après avoir été acquis la semaine dernière, selon un communiqué, par une «mécène des arts de Montréal» auprès des luthiers Reuning & Son Violins de Boston.

Le montant exact de la transaction n'est pas connu. Interrogé par le New York Times, Christopher Reuning, le vendeur, a déclaré que l'instrument avait été adjugé «à une offre acceptable, supérieure au prix plancher, qui excédait légèrement 6 millions de dollars».

Il n'y a qu'une soixantaine de violoncelles Stradivarius dans le monde, dont vingt de ce format très prisé, dit de «forme B». Les ventes en sont très rares. De tels instruments n'arrivent d'ailleurs pas souvent en salle des ventes.

Aux enchères d'instruments Stradivarius, le record est détenu par un violon, le «Lady Blunt» de 1721, adjugé en juin 2011 pour 16 millions de dollars. Il avait été vendu 200 000 dollars quarante ans auparavant. L'alto «Gustav Mahler» détenu par une fondation suisse et prêté au Français Antoine Tamestit, qui sera en concert à Montréal le 12 février prochain, est estimé à près de 20 millions de dollars. Quant aux violoncelles, le record sera sans doute pulvérisé un jour par le Stradivarius «Duport», quand les héritiers de Mstislav Rostropovitch, son fameux propriétaire, qui s'en servit de 1974 à sa mort en 2007, le mettront en vente.

Le «Comtesse de Stanlein» avec lequel jouera désormais le jeune Stéphane Tétreault a été vendu par les héritiers de Bernhard Greenhouse, le violoncelliste du Beaux-Arts Trio, décédé en mai dernier. Ce dernier jouait de cet instrument depuis 1957.

L'instrument avait précédemment appartenu, entre 1839 et 1840, à Niccolo Paganini, puis, en 1854, au fameux luthier parisien Jean-Baptiste Vuillaume, qui le vendit au comte et à la comtesse de Stanlein. Greenhouse l'avait acheté en 1957 à un collectionneur allemand pour la somme de 90 000 deutschemarks, soit à peu près l'équivalent de 400 000 dollars d'aujourd'hui. Il avait fait restaurer l'instrument dans les années 1990.

Le violoncelliste Stéphane Tétreault a été élu Révélation classique Radio Canada en 2011. Il fut choisi personnellement par Michael Tilson Thomas comme le plus jeune membre de l'éphémère YouTube Orchestra en 2008. Il se produira avec l'Orchestre Métropolitain dans le concerto de Dvorak en avril prochain sous la direction de Julian Kuerti. 

Source: Le Devoir


mercredi, février 01, 2012

Lutter contre l’homophobie, prévenir le suicide

Pour la 22ème édition de la Semaine nationale de prévention du suicide, l’Association québécoise de prévention du suicide met notamment l’accent sur une problématique qui touche notre société et particulièrement nos jeunes : l’homophobie.

L'AQPS entend également faire porter le débat sur l'homophobie, puisque les gais et lesbiennes souffrant d'homophobie sont de 3 à 17 fois plus susceptibles de se suicider. 

Portant la mission d’éradiquer le suicide au Québec grâce à la sensibilisation, à la mobilisation et à la diffusion d’information sur le suicide et les ressources existantes, l’AQPS répand en 2012 son message « Ici, on tient à chacun. Le suicide n’est pas une option » au sein des organismes de lutte contre l’homophobie, qui représentent les personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles ou transexuelles ou qui leur offrent des services.

Grâce à l'appui du Secrétariat à la jeunesse dans le cadre de la Stratégie d’action jeunesse 2009-2014, plus de 20 organisations ont été invitées à promouvoir ce message d’inclusion sociale via la distribution de matériel dans leur réseau.  

De plus, la Semaine de prévention du suicide soutient des initiatives telle que celle lancée par le Collège Mérici à Québec afin de mobiliser les jeunes sur la question de l’homophobie dans leur environnement. Une trentaine d'étudiants travaillent à la création de campagnes de sensibilisation sur la prévention du suicide en lien avec la problématique de l'homophobie. Suivez leurs projets sur ce site et n’hésitez pas, vous aussi, à nous faire part de vos initiatives ! 

Saviez-vous que...

- Le suicide touche l’ensemble des classes sociales et tous les groupes d’âges.
- Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les moins de trente ans, après les accidents de la route.
- Au cours des années, le suicide a pris une ampleur considérable au Canada et au Québec. En moins de quarante ans, le taux de suicide au Canada a doublé et au Québec il a quadruplé.

Selon l’Institut national canadien de santé publique:
- le Québec se retrouve au 1er  rang au Canada pour son taux de suicide;
- il se situe au 3e rang mondial, soit après la Finlande et  le Japon, pour son taux de suicide chez les hommes.

En 2009, 1 100 personnes se sont enlevées la vie au Québec; 
80% des suicides commis au Québec le sont par des hommes de 18-54 ans.

Pour les années 2001-2003, les régions Mauricie et Centre-du-Québec se classent au 1er rang par rapport à l’ensemble du Québec.

***

Quelles qu'en soient les causes, l'homophobie, la maladie mentale, l'avenir noir ou une peine d'amour ... un suicide n'est pas une option. Et qu'importe qu'on soit de gauche ou de droite, un suicide est un suicide de trop.

Dernière heure, le sénateur Boisvenu se compromet encore une fois. À chaque assassin sa corde? Invitation et/ou incitation au suicide?

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/341543/trois-suicides-par-jour-au-quebec

jeudi, décembre 22, 2011

Premier baiser officiel entre deux lesbiennes de la Marine de guerre

Marissa Gaeta (gauche), maître dans l'US Navy, a débarqué du navire pour aller embrasser sa partenaire Citlalic Snell, elle-même marin.

La Marine de guerre américaine est entrée dans une nouvelle ère: le fameux «premier baiser» donné aux matelots de retour au port après une longue mission a réuni deux lesbiennes, baiser rendu possible par l'abrogation de la loi sur le tabou gay dans l'armée américaine.

Juste après l'arrivée au port de l'USS Oak Hill mercredi à Virginia Beach, Marissa Gaeta, maître dans l'US Navy, a débarqué du navire pour aller embrasser sa partenaire Citlalic Snell, elle-même marin, a annoncé le capitaine de corvette Bill Urban, un porte-parole de la Marine jeudi.

Marissa Gaeta, 22 ans, était vêtue de son uniforme noir et blanc lorsque Citlalic Snell, 23 ans, l'a accueillie sous les vivats et les applaudissements d'une partie de l'équipage.

La tradition du «premier baiser» donné à un marin de l'équipage à l'arrivée d'un navire de la Marine américaine «est très ancienne», a souligné le capitaine de corvette Urban. Selon les responsables de l'US Navy, c'est la première fois que deux personnes du même sexe sont choisies pour se donner le «premier baiser».

Mlle Gaeta a été tirée au sort parmi l'équipage du bateau pour ce «premier baiser».

L'USS Oak Hill revenait d'une mission de 80 jours en Amérique centrale.

La loi abrogeant la législation «Don't ask, don't tell» (Ne rien demander, ne rien dire), qui interdisait aux soldats américains de divulguer leur orientation sexuelle sous peine de renvoi, a été promulguée par le président Barack Obama il y a tout juste un an.

***

On aura beau faire, on aura beau dire, sur cette belle photo, je vous souhaite un très joyeux Noël.    

May