L'Oiseau frileux

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mercredi, août 24, 2016

Richard H. Bain: Une fois, toute haine bue

Photo: Paul Chiasson La Presse canadienneDiane Blanchette, la sœur de Denis Blanchette, tué par Richard Henry Bain le 4 septembre 2012, à la sortie de la salle d'audience du palais de justice de Montréal avec le procureur de la Couronne Dennis Galiatsatos, mardi



 

Le verdict attendu est tombé mardi. Richard Henry Bain a été reconnu coupable du meurtre non prémédité de Denis Blanchette, abattu le 4 septembre 2012 au Métropolis à Montréal.   

Il a également été reconnu coupable de trois tentatives de meurtre, dont celle de Dave Courage, un technicien et collègue de M. Blanchette, grièvement blessé lors de cette même soirée électorale.  

En entrevue à ICI RDI, Jean-François Lisée a insisté sur la « haine politique » qui a motivé son geste. Le verdict de mardi « permet de faire une relecture » et de revenir« sur cet aspect très occulté dans le débat ». Je salue au passage Jean-François Lisée, le seul qui a eu le courage de qualifier cette haine contre nous.   

Aujourd'hui, je suis incapable de mettre la photo de RHB en haut de cette page pour illustrer cet article. La haine de ce criminel qui l'a rendu à moitié fou, montre un visage que j'ai malheureusement vu trop souvent et qui me déprime au plus haut point. Alors,  j'ai plutôt choisi par compassion  celle de la soeur  de Denis Blanchette pour la peine qu'elle a pour la perte de son frère tué sous les balles de cet agité du bocal.  

Quant à Dave Courage, le compagnon de travail de Denis Blanchette,  qui a été blessé sévèrement le même soir,  croit que la non-préméditation établie par le jury s’explique par le fait que l’assassin n’ait pas atteint les personnes qu’il espérait abattre alors que ce soir-là, des militants du Parti québécois (PQ) fêtaient au Metropolis leur victoire électorale en compagnie de leur chef, Pauline Marois.  

Enfin, toute haine bue, l’homme de 65 ans écopera d’une peine de prison à perpétuité avec une possibilité de libération conditionnelle après 10 à 25 ans. Soit dit en passant, à perpétuité veut dire à vie ...  Coupable pour meurtre non prémédité, soit, mais à condition que ce monstre ne jouisse pas d'une libération conditionnelle après 5 ou 6 ans de détention.  À suivre. 

 

 

samedi, août 13, 2016

Les Jeux olympiques les plus gais de l’histoire?

 
Photo: Themba Hadebe Associated PressLes fiancées Isadora Cerullo et Marjorie Enya

Au Brésil, les athlètes ouvertement gais ou lesbiens n’ont jamais été aussi nombreux. Un record qui marque un tournant dans l’acceptation des sportifs LGBTQ.

 Florian Bardou - Libération  
 
C’est l’une des images de ce début de Jeux olympiques, chargée d’émotion et sans doute vouée à la postérité. Depuis lundi, le baiser de fiançailles d’Isadora Cerullo, demie de mêlée des Brésiliennes en rugby à VII, et de sa petite amie, Marjorie Enya, bénévole des JO, immortalisé par la flopée de photographes internationaux présents sur le terrain du stade Deodero, à Rio, ne cesse d’agiter les réseaux sociaux.
 
Cette marque d’amour, à l’issue de la remise du titre olympique aux Australiennes, est loin d’être anecdotique. Pour la première fois aux Jeux, un couple de femmes a officialisé, en public, son union. Un symbole, dans un pays où, par ailleurs, les couples homosexuels ont le droit de se marier depuis 2013 mais où près de 1600 personnes lesbiennes, gaies, bis ou trans ont été assassinées en quatre ans et demi. « Je veux montrer aux gens que c’est l’amour qui gagne », a confié Marjorie Enya à la BBC.

Son geste fait en tout cas écho à une tendance carioca : jamais une olympiade n’a en effet compté autant d’athlètes lesbiens, gais, bis, trans ou queers (LGBTQ) hors du placard et visibles, à l’image du plongeur britannique multimédaillé Tom Daley, du nageur des Tonga Amini Fonua — et son maillot de bain du centre LGBTQ de Los Angeles — ou de la lanceuse de disque allemande Nadine Müller. Un tournant pour la cause LGBTQ ?
 
Les Jeux olympiques de Rio sont-ils les plus gais de l’histoire ? Statistiquement, c’est le cas. Pour cette 31e édition des Jeux olympiques modernes, au moins 47 sportifs et trois entraîneurs — Libération en compte en réalité 49 désormais — sont « out » sur 10 500 compétiteurs au total. C’est bien plus qu’à Pékin, en 2008, où 12 athlètes avaient publiquement fait part de leur orientation sexuelle, mais également le double des JO de Londres, en 2012, où ils étaient une petite vingtaine pour un nombre de sportifs quasi stable.

Une visibilité accrue grâce « à une meilleure acceptation de l’orientation sexuelle dans le sport, en particulier dans les pays anglo-saxons et dans le sport féminin », explique Manuel Picaud, président de l’association Paris 2018, organisatrice des Gay Games.« Le Brésil est aussi un pays assez ouvert sur le sujet, estime de son côté Sylvain Coopman, président de la Fédération sportive gay et lesbienne (FSGL). C’est un terrain qui permet l’expression de son homosexualité. Quand on aura une compétition comme la Coupe du monde de foot, en Russie ou au Qatar, je doute que ce soit le cas. En revanche, ce qui aura été fait au Brésil, en matière de visibilité, ne pourra pas s’effacer. » 

Depuis l’émergence du mouvement gai et lesbien dans les années 1970, les avancées sont considérables. En 1988, aux Jeux de Séoul, le cavalier Robert Dover était devenu le premier (et seul) athlète ouvertement gai à participer aux JO. Il a donc fallu attendre 30 ans pour qu’un nombre toujours plus important de sportifs osent faire leur coming out tout en étant en activité.
 
Le nombre toujours plus important de sportifs et sportives qui assument publiquement leur homosexualité, notamment aux JO, n’est pas dénué d’utilité. « Les JO, ce n’est pas n’importe quelle compétition : c’est une fenêtre d’opportunité pour faire passer un message, souligne Cécile Chartrain, présidente de l’association de football lesbien Les Dégommeuses. Aujourd’hui, les sportifs et sportives savent qu’ils sont des personnes médiatiques et qu’ils peuvent jouer le rôle de modèles pour les plus jeunes. » Depuis son coming out en décembre 2013, le plongeur Tom Daley l’a bien compris. Avec son compagnon le scénariste Dustin Lance Black, il use de sa notoriété (et de son sex-appeal) sur les réseaux sociaux pour soutenir la cause LGBTQ.
 
Moins connue en dehors du milieu du hand, la goal de l’équipe d’Argentine, Valentina Kogan, bientôt maman de deux jumeaux avec sa compagne, souhaite partager son parcours pour en finir avec les préjugés. « Nous avons la chance de vivre notre relation normalement, dans la joie, et grâce au respect que nous accordent nos proches,confiait, à la veille de Rio, l’internationale argentine à La Nacíon. En montrant cette réalité, on a pu aider beaucoup de personnes. D’ailleurs, on a reçu un tas de messages de félicitations. »
 
Philippe Liotard, sociologue du sport et de la sexualité à l’université Lyon I, va plus loin. L’universitaire rappelle que les Jeux, regardés par des dizaines de millions de téléspectateurs à travers le monde, « ont toujours été un lieu d’expression politique où on cherche à mettre en avant des revendications ».

Personne n’a, par exemple, oublié les poings levés contre la ségrégation, lourds de conséquences, des sprinters américains Tommie Smith et John Carlos, aux JO de Mexico, en 1968. « La multiplication du nombre d’athlètes hommes et femmes qui parlent de leur sexualité, cela peut contribuer à banaliser l’homosexualité dans le sport pour ne plus en faire un problème », poursuit Philippe Liotard. Il ajoute : « Cela oblige également à interroger la différence. Les cas des athlètes intersexes Dutee Chand[sprinteuse indienne sur 100 mètres] et de Caster Semenya [vice-championne olympique sud-africaine du 800 mètres] ont fait bouger les lignes sur le genre et l’éthique dans le sport. » L’an passé, la réhabilitation de la sprinteuse indienne, exclue de toutes compétitions par sa fédération pour un niveau de testostérone trop élevé, avait été saluée comme « une victoire pour toutes les femmes de l’athlétisme ».
 

vendredi, juillet 29, 2016

Elle n’avait que 7 euros dans son petit sac noir en bandoulière !

 
Brutalement, un scooter tapi en embuscade s’élance derrière la vieille dame…
Le temps hésite, ce lundi 25 juillet après-midi, entre nuages et soleil dans la région parisienne, plus exactement à Malakoff, dans les Hauts-de-Seine. À l’angle de la rue Savier et de la rue d’Hébécourt, une octogénaire rentre chez elle. Elle a mis son sac en bandoulière en sécurité sur son épaule. À cet âge-là, les plaisirs sont simples et c’est une joie de rejoindre son appartement pour profiter de la fraîcheur et retrouver son mari qui l’attend impatiemment.
Brutalement, un scooter tapi en embuscade s’élance derrière la vieille dame, elle n’a pas le temps de se retourner que l’homme qui conduit l’engin essaie de lui arracher le sac en tirant sur la courroie. Mais la vieille dame résiste, elle ne veut pas lâcher son bien. Alors, l’homme la traîne par terre sur plusieurs mètres. Sonnée, presque évanouie, son sac se libère enfin de son bras et l’agresseur prend la fuite avec son butin.
Deux personnes, une automobiliste et un piéton qui viennent d’assister à la scène, se portent à son secours, la relèvent, vérifient son état de santé et la raccompagnent chez elle.
Elle est meurtrie mais saine et sauve, elle a retrouvé son foyer. Certes, son sac manque mais elle est vivante. À son compagnon, bouleversé de découvrir son épouse dans cet état, elle parle de son agression. Ses pensées sont flous mais elle se souvient qu’il y avait au moins un homme sur le scooter.
Quelques heures plus tard, la douleur qu’elle ressentait au poignet s’est accentuée, le mari contacte le médecin de famille qui, inquiet, décide de la faire hospitaliser.
Le personnel médical est obligé de noter un état bien plus grave qu’un simple os cassé. Ils détectent une hémorragie cérébrale due à la chute. Malgré les soins, la situation ne fait qu’empirer. Finalement, elle décède le lendemain matin. Elle n’aura survécu que quelques heures à son agression.
Le plus affreux, dans cette histoire, est que la victime est morte pour un total de sept euros, le nombre de pièces qu’elle avait dans son petit sac en bandoulière avant qu’il ne lui soit dérobé, selon la police judiciaire chargée de l’enquête.
Le parquet a immédiatement saisi le SDPJ 92 pour vol avec violence sur personne vulnérable ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les enquêteurs ont lancé un appel à témoins et recherchent notamment les deux passants (l’homme et la femme) qui se sont arrêtés pour porter secours à la victime.
Cette personne avait exactement 85 ans, l’âge du père Jacques Hamel égorgé dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Les médias ne se sont pas emparés de son accident funeste de la même manière. On peut le comprendre : il ne s’agissait pas de terrorisme et la mort n’est pas survenue de façon aussi horrible.
Pourtant, il ne se passe pas de mois sans que des personnes âgées ne soient attaquées dans la rue pour s’emparer de leurs quelques économies. Il ne se passe pas de mois sans qu’en prenant le métro ou en sortant d’une discothèque, une femme ne soit agressée physiquement.
Le gouvernement nous répète que nous sommes en guerre, que Daech est devenu l’ennemi absolu. Il est regrettable qu’on nous parle moins d’une guerre présente sur notre sol, une guerre insidieuse qui infecte nos quartiers. Une guerre que l’État ne veut pas reconnaître et, pourtant, qu’il est en train de perdre. Celle que nous livrent les bandes et leur violence quotidienne.
Elle était fière de son petit sac en bandoulière de couleur noire, elle se méfiait (on n’est jamais assez prudent), elle le tenait fermement contre elle. Hélas, cet humble joyau a été fatal à sa propriétaire.

Source: BV

samedi, juin 11, 2016

La mort de Louis XVII ou le symbole de la haine à la française




Patrick Verro
Boulevard Voltaire

Le 8 juin, les royalistes ont fait mémoire de la mort de Louis XVII en 1795. Tous les royalistes ? Non.
 
Que cela plaise ou non, Louis XVII fut, dès l’âge de sept ans, un enfant martyr au sort atroce : séparé de sa famille (exécutée sauf sa sœur), rééduqué avec humiliation en vrai sans-culotte, puis abandonné et emmuré. Pour les uns il mourra d’une péritonite au milieu de ses déjections à l’âge de dix ans ; pour d’autres il fut enlevé, un peu avant sa neuvième année, et voué à un autre destin. Pour des raisons objectives et personnelles j’adhère à cette deuxième version et suis intimement persuadé que sa seconde vie, si elle lui fut moins pénible physiquement, elle le fut plus moralement…

Il n’y a pire crime que la persécution d’enfants et les Français feraient bien de recouvrer leur mémoire historique pour vivre sereinement cette année de « Sainte de Miséricorde », annoncée par le pape des Chrétiens. Car, c’est au nom de la « liberté », d’une certaine « démocratie » et des « droits de l’homme », qu’à cette époque de la révolution-terreur la guillotine et le sabre tuèrent des centaines de milliers de Français, dont une immense majorité de « petites gens » (les terroristes djihadistes n’ont rien à nous apprendre à ce sujet, pas même la mise en scène !).

Certains historiens prétendent même que les moyens d’extermination des Vendéens, mis en œuvre par le Comité de Salut Public et la Convention, préfigurent ceux des régimes totalitaires (écrasement de la révolte de Tambov par Lénine, génocide des juifs par les nazis, génocide khmer rouge…). Et l’on peut même constater, non sans une certaine amertume, que la France fut souvent une terre d’accueil, voire de formation, des plus grands tyrans ou dictateurs, à considérer les passages dans ce pays des Lénine, Ho Chi Minh, Pol Pot, Khomeiny, Biya etc.

Aujourd’hui encore des observateurs avisés peuvent facilement constater les traces, qui perlent au coin des lèvres de certains orateurs politiques, de cette haine quasi congénitale qui s’était emparée des protagonistes de cette « révolution des têtes coupées ». Il serait temps de s’en défaire et de vivre un certain apaisement politique, à l’image d’autres nations que notre célèbre arrogance nationale nous empêche de prendre comme modèles.

vendredi, mai 20, 2016

La déstigmatisation de la pédophilie est-elle en marche ?

La pédophilie n’est plus considérée comme un désordre psychiatrique mais comme une paraphilie, soit une fantaisie sexuelle. 
« Aucun pays n’est épargné », c’est ainsi que l’on peut résumer la situation mondiale sur la pédocriminalité. Après deux années de recherche, l’ECPAT (une ONG militant pour la fin de la prostitution infantile dans le monde) a publié jeudi dernier un rapport de plus de 150 pages concluant que « les enfants sont plus que jamais victimes d’exploitations sexuelles ». En 20 ans, non seulement le tourisme pédosexuel a énormément augmenté, mais le profil des criminels a également changé.
Fini le typique homme blanc occidental, d’âge moyen, qui pour assouvir son « désir » est prêt à mettre le prix et des milliers de kilomètres. Comme l’écrivent les auteurs du rapport : « Les délinquants pédosexuels peuvent être étrangers ou locaux, jeunes ou âgés […] Aussi, ils présentent des caractéristiques économiques et sociales très diverses. » Ainsi, on retrouve aussi bien des touristes, des voyageurs d’affaires, des migrants, des étudiants, des travailleurs temporaires, des expatriés et même des bénévoles.
Par ailleurs, et bien que moins commun, mais phénomène en croissance, les femmes ne font pas exception. Le rapport cite la ville de Rostov (en Russie), où des femmes âgées de 30-35 ans, à l’occasion de voyages professionnels, louent les services d’adolescents locaux en échange de « scénarios romantiques ». Cette tendance est également observée en Amérique du Sud et en Afrique.
Le rapport avance deux grandes causes à ces bouleversements :
1) Le développement du tourisme de masse jusque dans des zones isolées,
2) Les nouvelles technologies, ouvrant des voies d’exploitation et renforçant l’anonymat des criminels.
Au final, il s’agit d’un rapport détaillé, bien référencé et proposant des pistes d’action intéressantes.
Cependant, j’ai été beaucoup interpellé que le mot « pédophile » ne soit mentionné sur aucune des 157 pages du rapport. À la place, le terme utilisé est « délinquant préférentiel », qui lui-même est opposé à« délinquant situationnel ». Selon le rapport, ce dernier représente la grande majorité des individus impliqués dans le tourisme pédosexuel, mais ils ne sont pas considérés comme des pédophiles. En effet, ces« délinquants situationnels » sont définis comme « n’ayant peut-être jamais fantasmé à abuser sexuellement d’un enfant, jusqu’à ce qu’ils aient eu l’opportunité de le faire ». Pour résumer, si l’individu est dans une situation de « pas vu pas pris », alors il se peut qu’il ressente une« excitation due à la situation » sans pour autant être qualifié de pédophile.
Depuis 2013, l’Association des psychiatres d’Amérique (APA) a statué, dans la DSM (référentiel des maladies mentales), qu’il était nécessaire de faire une différence entre les pédophiles qui ont un désir sexuel avec des enfants et ceux qui posent des actes sur ces mêmes désirs. Ainsi, la pédophilie n’est plus, de facto, considérée comme un désordre psychiatrique mais comme une paraphilie, soit une fantaisie sexuelle. En conclusion, la déstigmatisation de la pédophilie est en marche.
Source: Boulevard Voltaire